LES COULEURS DE L’AIR

Igor Mendjisky publie le texte de sa prochaine création, Les Couleurs de l’air, qui se jouera du 3 au 21 mars aux Bouffes du Nord à Paris. Une pièce qui virevolte entre autobiographie et fiction. Entre les vérités et les mensonges d’un père qui vient de mourir, celui-ci laisse à son fils un paysage de questions, auxquelles seul l’acte de création artistique permettra de trouver des réponses et permettre le deuil. Igor Mendjisky signe une pièce dynamique et originale où le langage pulse à la vitesse d’un cœur battant.

Suite à la mort de son père, Illia est un jeune cinéaste qui entreprend la réalisation d’un film sur la vie de son père. L’artiste entrevoit cette création comme un médium nécessaire pour convoquer les fantômes de son passé, et retrouver par leurs présences les réponses d’un fils qui découvre les vérités peu glorieuses de son père. Peintre et faussaire, le père d’Illia laisse en héritage un tas de dettes et et de rapports familiaux à redécouvrir. 


La pièce est un très bel entrelacement de scènes de tournage, de souvenirs et délires hallucinatoires. L’ensemble est coordonné par une écriture vive et cinglante qui contribue énormément à la porosité entre fiction et réalité. L’écriture est à la fois clairement cinématographique, avec un brin d’étrangeté qui attise une vraie curiosité de découvrir cette pièce sur la scène. Il est juste à déplorer une troisième partie qui sombre dans la poésie un peu caricaturale du poète maudit. A déplorer, car la thématique du deuil était jusqu’alors traitée avec beaucoup de finesse et d’originalité. Ce dernier point n’enlève rien à la grande qualité de la pièce dans son ensemble.

Les Couleurs de l’air, Igor Mendjisky, Actes Sud-Papiers, 15 euros.

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