MESDAMES, MESSIEURS ET LE RESTE DU MONDE

L’édition 2018 du Festival d’Avignon a accueilli, sous la direction de David Bobée, Mesdames, messieurs et le reste du monde : un feuilleton théâtral sur les questions du genre, des transidentités, des sexualités et des discriminations qui en découlent. Présentée au jardin Ceccano, cette forme collective née d’une écriture à plusieurs mains et fruit d’improvisations, trouve aujourd’hui une trace écrite sous la plume de Ronan Chéneau. L’auteur publie cinq des treize épisodes présentés au festival, épisodes qu’il a lui même écrit ou adaptés pour la lecture. L’ouvrage retranscrit parfaitement l’émulation collective et l’émotion qui se trouvaient entre les murs de ce jardin.

En tant qu’ouvrage, et indépendamment de la création complète, Mesdames, messieurs et le reste du monde est une bonne entrée en matière pour faire découvrir les questionnements autour du genre et des sexualités. Une vulgarisation très accessible qui pourra, parfois, paraître trop simpliste pour les plus chevronnés. Mais la pièce offre également des épisodes retranscrivant parfaitement les effets scéniques et échanges avec le public, offrant une très belle émotion à la lecture. Avec un coup de cœur particulier pour les épisodes « L’effet Matilda » et « L’école du genre » qui allient une sensibilisation juste ainsi qu’une forme artistique affirmée et originale. 


Mesdames, messieurs et le reste du monde est un ouvrage intergénérationnel, pouvant parler aux plus jeunes, et permettre d’engager débats et échanges autour de thèmes qui font notre société. La lecture de ces cinq épisodes offre un portrait peu flatteur de notre société où les discriminations sont encore fortes, mais également une bouffée d’espoir et de beauté sur ces changements qui prennent lentement racine. Mesdames, messieurs et le reste du monde est une incitation à s’ouvrir à l’autre, à se comprendre, s’accepter et avancer ensemble. Voici une lecture profondément tendre, qui fait du bien.

Mesdames, messieurs et le reste du monde, Ronan Chéneau, Les Solitaires Intempestifs, 13 euros.

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