UNE TÊTE BRÛLÉE SOUS L’EAU
Une Petite Sirène parfaitement rénovée

Une tête brûlée sous l’eau est un conte entièrement décapé, poncé de tous stéréotypes, ravalé de toutes ses anciennes façades, retapé avec un désenchantement qui va tout de suite vous taper dans l’oeil. Mélissa Zehner et la compagnie Si Sensible proposent, sur la scène du Grand Parquet, une version explosive, tendre et sincère de La Petite Sirène d’Andersen. Une rénovation à découvrir sans attendre !

Cette Petite Sirène, elle a un vrai nom, un nom de fille d’aujourd’hui, qui existe ailleurs que dans les contes de princesses. Elle s’appelle Silène. Elle est sincère et sans artifice. Silène est sans queue, en strass ou paillettes, à exhiber. Elle prévient d’emblée que cette histoire va mal se terminer. Elle a un corps de sirène mais un cœur de feu, qu’elle va ouvrir sans pudeur devant nous. Et en parlant de cœur, son histoire, on la connait sur le bout des artères. Silène tombe amoureuse d’un jeune homme à la surface de la mer. Elle va pactiser avec une sorcière pour troquer sa nageoire contre des baskets. Mais pas contre rien ! Contre sa voix. Et tout ça pour qu’une parvenue vienne lui voler son amoureux sous son nez. Silène nous avait prévenu, ça allait mal finir son histoire.

© Sonia Barcet

De cette vieille bicoque connue de tous.tes, Mélissa Zehner signe un texte et une mise en scène inventive qui parle des tourbillons des premiers désirs et des tempêtes de questions de l’adolescence. Car l’autrice met, en parallèle de cette histoire, les émois du jeune Andersen qui écrit et vit les tourments de son héroïne, avant de les mettre sur le papier. Ici, pas de filles plus sentimentales que les garçons, pas de princesses à sauver, pas de princes au virilisme à prouver. Il y a juste des adolescent.es, et c’est tout. 


Une tête brûlée sous l’eau est un spectacle riche et sincère, qui permettra de discuter avec son jeune public du monde qui les entoure, des questions de genres, des stéréotypes et tant d’autres problématiques que touche le spectacle. Un fond bouillonnant qui s’agite sous un couvercle divertissant parfaitement maîtrisé. Les quatres comédien.nes sont débordants de vérité, d’une belle énergie qui témoigne d’un plaisir de jouer et de partager. Léa Ménahem est particulièrement euphorisante dans ses changements de rôle, avec une interprétation de la sorcière que l’on n’oubliera pas de si tôt. Et il est certain que ce spectacle non plus, on ne voudra pas l’oublier. 


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