RÉMI
L’art de conter selon Jonathan Capdevielle

Jonathan Capdevielle adapte Sans Famille, un classique de la littérature jeunesse écrit par Hector Malot. Il élabore un spectacle jeune public surprenant, sans trahir l’univers artistique auquel le metteur en scène nous a habitué. Jonathan Capdevielle parcourt avec Rémi un tout nouveau chemin, une voie escarpée que le metteur en scène a su parfaitement emprunter aux côtés de comédien.nes virtuoses.

Qui n’a pas lu ou vu l’une des nombreuses adaptations cinématographiques des tristes aventures de Rémi Sans Famille ? Ici, cette version théâtrale en deux épisodes se compose d’un spectacle d’une heure et demie ainsi que d’une fiction audio à écouter tranquillement chez soi. La mise en scène surprend par son esthétique épurée. Le plateau vide semble immensément trop grand pour ces quatre interprètes. Mais c’est sans compter sur la maîtrise du son, des voix, de l’oralité de Jonathan Capdevielle. Tout au long des aventures et des rencontres de Rémi, les interprètes interprètent plusieurs rôles avec une pratique et une esthétique quasi marionnettique. La performance est saisissante. Michèle Gurtner propose une version hilarante de Madame Milligan dont on se souviendra longtemps.

© Marc Domage

Beaucoup de scènes nous sont offertes uniquement par le son, rideaux clos ou mi-clos, permettant une expansion de l’imaginaire. Le metteur en scène convoque, comme dans ses précédents spectacles, la mémoire auditive des spectateurs.trices afin que chacun.e puisse créer des images nées de l’imaginaire collectif ainsi que du vécu de chacun.e. La fiction audio, donnée par le biais d’un CD, confirme la réussite de cette recherche. D’un roman classique contaminé par les images de ses nombreuses adaptations, s’élabore une version intime et plus personnelle. Il est rare de voir le son l’emporter sur l’image dans des productions jeune public, mais Jonathan Capdevielle relève largement le défi.

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