PERDRE SON SAC/ CHRISTINE / NOS PARENTS

Beaucoup d’actualité pour Pascal Rambert en cette rentrée théâtrale ! En attendant de pouvoir assister aux représentations d’Architecture, sa dernière création programmée au Théâtre des Bouffes du Nord, l’auteur et metteur en scène à succès publie aux Solitaires Intempestifs un nouveau recueil. Trois pièces créées à la Comédie de Genève qui permettront de poursuivre la découverte de cette écriture atypique.

Perdre son sacet Christine sont deux monologues qui s’imposent par rapport à une dernière pièce plus formelle, où l’écriture pour une promotion d’école nationale se fait sentir. Perdre son sac est la parole ininterrompue d’une jeune femme, laveuse de vitrine, qui hurle sa solitude aux passant.es d’une rue, s’époumone à dénoncer la violence d’un monde de castes. Pascal Rambert dépeint, dans le souffle combattant de sa parole, une société clivée par des barrières économiques, culturelles ou sociétales. Deux groupes distincts se créent : « les gens qui réussissent » et les « les gens qui ne sont rien ». L’auteur touche un point juste où le politique et l’émotion s’ajustent sans jamais se faire d’ombre. Une fusion percutante dans l’écriture qui permet de mettre en lumière notre monde divisé. Cette fougue verbale peine un peu à s’épanouir pleinement à la lecture. Le plateau et la comédienne Lola Giouse, pour qui a été écrite la pièce, manquent pour rencontrer véritablement l’identité de cette pièce. Une légère frustration qui poussera d’autant plus à découvrir et suivre la tournée de cette création.

Christine s’intéresse aux mêmes problématiques sous un axe bien différent. Une comédienne en loge attend son moment pour jouer. Elle traversera le plateau, dira ses quelques et uniques mots, et repartira. Une longue attente à écouter et vivre par procuration les émotions du premier rôle. Division de rang, violences sociales et économiques, Pascal Rambert convoque les problématiques de Perdre son sac dans un cadre plus resserré. Nourrie de cette première pièce, la lecture de Christine apparaît plus violente et plus dense.

Ce dernier recueil est difficile d’accès pour une première entrée dans l’œuvre de Pascal Rambert, mais pourra amplement étancher la soif de lecture de ses lecteurs.trices passionné.es.

Perdre son sac suivi de Christine et de Nos parents, Pascal Rambert, Les Solitaires Intempestifs, 14 euros.

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