MOVING IN CONCERT

Une création éclairée mais peu élcairante.

La chorégraphe Mette Ingvartsen nous avait subjuguée avec sa série Red Pieces.Ces quatres pièces – 69 positions, 7 Pleasures, To come, (extented) et 21 pornographies – avaient réussi le pari d’exciter aussi fortement l’intellect que le pantalon. Visuelles, performatives, inspirantes, stimulantes, ces créations ont fait du travail de Mette Ingvartsen un passage incontournable de chaque saison théâtrale. Elle revient, avec Moving in Concert, à un cycle de réflexion autour des connexions entre les corps et la matière. En résulte une création hypnotique mais difficile d’accès. L’effervescence du fantasme se percute à la froideur de la rencontre, pouvant malheureusement refroidir plus d’un.e spectateur.trice.

Neuf interprètes en justaucorps oranges ou roses vont se lancer dans une chorégraphie collective et interconnectée, chacun.e accroché.e à un tube de de LED. Sur ce plateau épuré va chuter, presque continuellement, un filet de lentilles noire tel un sablier inépuisable. Un visuel proche de la terre. Une musicalité comparable à l’eau de pluie. Cette création scénique réussi le pari fou de diffuser une sensation plurielle de matières concrètes dans un lieu hermétiquement plastique. La chorégraphie se déroule en un seul mouvement, fluide, inarrêtable, où se crée un corps collectif relié physiquement ou non par l’image technologique renvoyée par les tubes de LED. Les fluides passent entre les corps de façon organique, peau contre peau, ou plastiquement, par la dynamique immatérielle de la lumière. Le collectif se dérègle, s’assemble, s’isole mais tout en conservant une véritable qualité de connexion entre les interprète.

© Marc Domage

L’enjeu semble atteint mais… Qu’est-ce que tout cela raconte ? Cette courte chorégraphie d’une heure est à ce point dense du point de vue réflexif qu’elle en devient opaque. N’en reste qu’un plaisir esthétique indéniable qui n’ira malheureusement pas plus loin. Sans véritable point d’extase, la chorégraphie stagne dans l’exercice de recherche et sembler peiner à se connecter avec le.la spectateur.trice.

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