MARYVONNE
« Dis donc, tu parles d’un sujet toi »

On revient de longues vacances bien méritées avec une nouvelle bonne surprise à vous présenter (mais dépêchez-vous, ça finit vite). Donc soyez concentré, on en parles tout de suite.

Maryvonne. La grand-mère qu’on a jamais vraiment connue. Maryvonne, si dure, si impénétrable, tellement hors de portée. Maryvonne, c’est l’histoire de cette petite fille avec toutes ces questions, et de cette grand-mère qui tente de garder la tête haute. Quitte à se voiler un peu la face.

Par un travail documentaire, Camille Berthelot cherche le non-dit, rencontre cette grand-mère qu’elle n’a jamais réellement connue. Pour un premier projet, comme elle dit, un travail, on ne sait trop ce que ça va donner, on teste, quoi. On nous donne à voir des entrevues filmées, des questions, anodines peut-être, mais qui perturbent, et une tension sous-jacente entre cette petite-fille qui provoque cette rencontre sans trop savoir pourquoi et cette grand-mère qui refuse passivement de donner trop d’informations. De la pudeur, beaucoup.

Ca se traduit sur scène par un vidéoprojecteur : tout le jeu se fera entre cette Maryvonne filmée, projetée en fond de scène, et cette comédienne, Alma Livert, qui tentera de lui répondre, de comprendre, de communiquer comme elle peut avec ce mur (symbolique, évidemment, mais comment refuser une aussi belle métaphore ?).

Sujet intimiste, voire même voyeuriste si l’on cherche la petite bête. Mais la grande force de Maryvonne, c’est son universalité : la famille est toujours un sujet éminemment complexe, et la travailler à travers ce prisme, très personnel, nous donne à voir une entrevue touchante, souvent drôle, et férocement humaine. On s’attache à cette petite fille, on cherche des excuses à Maryvonne, et cette rencontre donne naissance à une pièce simple, mais pas simpliste, tragique, mais jamais larmoyante.

Après, soyons honnête : vous avez encore deux dates, il va falloir foncer sévère si vous voulez avoir la chance de voir cette petite pépite. On vous aura prévenus.

About the author