LES PETITS BONNETS
Pas content.e.s !

Elles et il ne sont pas contents de là où ils en sont. Et dans l’idée, c’est chouette ! Un grand appel à l’émancipation de la classe ouvrière, notamment féminine, au travers d’une multitude de disciplines, autant circassiennes que théâtrales ou musicales.

Et pour le coup, au niveau de la diversité, on est pas déçus. De beaux moments de chant, de la corde lisse, du fil tendu, de la barre fixe, du flamenco, du hula-hoop, de la danse, du théâtre, de la musique, des fouets (tout ça étant à dire sans respirer). Et on sent que ces personnages ont quelque chose à dire, à clamer.

Ces personnages ce sont les employé.e.s de Mother City, sorte d’entité enfantée par l’enfer publicitaire, traduite en usine de lingerie. Et ces ouvrier.ère.s n’acceptent pas leurs sorts, et décident de reprendre les rennes de ce bagne pour le mener comme bon leur semble, surtout afin de s’extirper de leur condition d’aliéné.e.s. En tous cas, c’est ce qu’on a pigé de tout ça.

© Hervé Photograff

Et effectivement, le croisement des performances donne naissance à plusieurs moments faisant foi d’une grande imagination, et d’une énergie indéniable. Le violoncelle et l’orgue liturgique accompagnant par exemple magnifiquement une descente vertigineuse à la corde lisse, ou encore une jolie symbolique dans la marche sur un fil d’un personnage dans une situation sociale à l’équilibre précaire. Toutes les « scènes » se juxtaposent, s’enchaînent, entre chansons et déclamations, et au final…

…bah c’est pas évident à suivre ! Encore une fois, on sent bien qu’il y a pleins de combats à mener, et on ne pourrait être plus d’accord. Mais le texte tente d’aborder bien trop de choses (9 actes en 1h30, c’est trop). Même Monsanto et Guantanamo Bay font une apparition d’une seconde en guests stars, et on a juste le temps d’entendre que « c’est pas bien ! ». De la même manière, la quantité d’arts scéniques mis en œuvre au sein d’une dramaturgie plus que floue donne une impression de non-maîtrise un peu globale, qui peut tendre à nous faire décrocher.

Mais on salue la volonté de faire plus qu’une succession de numéros de cirque, et avec une précision de la dramaturgie et un travail des scènes plus approfondi, Les Petits Bonnets a toutes les bases pour devenir un spectacle aussi burlesque que percutant !

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