LES EFFRONTEES
Ah, les p’tites femmes de Pigalle

La chanson a bien vieilli, d’ailleurs : pour qui connaît un peu Pigalle, c’est plus vraiment son heure de gloire. Les cabarets de strip-tease ferment les un après les autres, le Sexodrome pue un peu le rance, bref on s’est compris.

C’est pourtant tout un pan de la vie nocturne parisienne que ces Effrontées vont faire renaître le temps d’une soirée. Violette, ancienne danseuse classique, se retrouve obligée de se bouger le train dans une boîte devant un parterre de clients libidineux. Elle y rencontre Charlie, souriante et rêveuse (pour ne pas dire à moitié décérébrée) et Emily, générale autoproclamée des troupes, grande gueule en puissance. Les trois vont se lier, avec le fantasme lointain de se casser à Marseille pour voir la mer.

Ambiance cabaret donc, avec une ambiance rosée, champagne et divan. Leur loge d’un côté de la scène, une méridienne, un rideau de perle, une barre de pole-dance en milieu scène. Rien d’extravagant, mais qui suffit complètement à nous mettre dans l’ambiance. La véritable force de ce spectacle vient de ses comédiennes (et leurs costumes, mais on vous laissera le découvrir par vous-même) : trois personnages magnifiques, remarquablement bien écrit, et qui nous embarquent dans leur quotidien sans aucun effort apparent, elles occupent l’espace avec une sensualité et une grâce parfaite.

Quelques maladresses sont à signaler, néanmoins. On aurait aimé une musique plus proche des années folles (on a rien contre la pop actuelle, c’est juste histoire de râler un peu), et on note un certain manque de rythme dans la première partie du spectacle (pareil, on râle, mais on parie que le tir sera corrigé très rapidement, vu la qualité de l’équipe).

La compagnie Une nuit d’ivresse signe donc un spectacle réussi. Les p’tites femmes de Pigalle peuvent se rhabiller, les Effrontées sont dans la place.

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