Francis Huster, sa vie, ses affiches

Chez nous, au SSPAA !!, on a une affection particulière pour Francis Huster. D’abord parce que c’est loin d’être le premier péquenaud du théâtre français : trois premiers prix au Conservatoire National, sociétaire à la Comédie-Française, et last but not least Juste Leblanc (qui mériterait trois articles pour rabâcher que son rire explique 50% du succès du Dîner de cons). Autant vous dire que Francis a oublié d’être nul.

Pourtant voilà, Francis, comme les trois quarts du théâtre privé parisien, a un défaut. Pas énorme, certes, et puis c’est (probablement) pas sa faute, mais bon. Ses affiches de spectacles méritent qu’on les brûlent et qu’on pende les graphistes responsables de ces horreurs. On vous explique pourquoi, ne nous remerciez pas, ça nous fait plaisir.

Ah Francis, toi et ton regard chaloupé

Et on commence très fort avec Bronx. Premier problème : BEAUCOUP TROP D’INFORMATIONS SUR L’AFFICHE, sérieux. Alors normalement c’est bien, mais là, non seulement y’a trop d’infos, mais en plus beaucoup trop mal organisées. Ca fait la moitié de l’affiche, les pauvres régisseurs doivent se contenter de deux lignes minuscules impossible à lire, alors que monsieur Francis Huster a droit a son nom à lui en typo taille 8000 (au cas où on l’aurait pas vu sur l’affiche).

Ce qui nous amène au deuxième problème, assez récurrent : tout miser sur notre Francis national. Francis Huster, seul, mains dans les poches, attitude virile, mais paternelle. Quelqu’un peut nous expliquer où est le bronx, là-dedans ? La vieille ruelle avec un filtre bleu, derrière ? Merci, ça donne envie.

Avec la participation exceptionelle du Titanic

Le joueur d’échec. Parce que oui, Francis Huster peut tout jouer. Joueur d’échec, policier, prêtre, rien à foutre, il y va. Même problème que plus haut : la moitié de l’affiche consacrée à la tête de Francis. Qui a l’air très concentré, comme tout bon joueur d’échec qui se respecte. Le même genre d’image en fond, qui ne raconte rien (à part que la partie d’échec se passe peut-être sur un bateau, mais si c’est pas le cas, on espère que le public s’est fait rembourser la place). Et enfin, le petit détail qu’on adore : “TRIOMPHE ! PROLONGATION”, où le message qu’on voit dès que la pièce est un triomphe. Mais en même temps, a-t-on besoin de préciser que la pièce est un triomphe si on la prolonge ? A moins que quelqu’un ai déjà vu “ECHEC COMMERCIAL ! PROLONGATION !” sur une affiche ?

Mon dieu, une deuxième personne !

Modeste, Francis sait laisser un peu de place pour ses compagnons de jeu. C’est dommage qu’il ne le fasse que pour les acteurs qui ont aussi un nom connu du public (parce que si vous regardez bien, ils sont six sur scène, est-ce qu’on aurait le droit de voir leurs têtes, à eux ? Non, bien sûr que non, évidemment).

On reste quand même sur une affiche qui ne donne pas envie de se déplacer, à part si on aime les comédies de moeurs gentillettes avec des blagues sur la gauche caviar et la droite un peu facho (bon, on l’a pas vu, mais on n’en pense pas moins).

Francis Huster aime beaucoup les textes d’Eric-Emmanuel Schmitt, on dirait

Là, on est probablement sur une tentative de Molière du meilleur rôle. Francis Huster incarne Einstein, et Jean-Claudes Dreyfus un clodo bourru. On notera les costumes typiquement années 40 (enfin, probablement), la petite veste à en tweed de saison : Francis Huster, hipster assumé.

Ah, et le fond étoilé, parce que Einstein, les étoiles, la relativité, etc. Bref.

(En vrai on t’aime, Francis.)

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